Je suis toujours en retard pour les Home Challenge… pour être honnête, je m’y prends généralement la veille. Mais cette fois, avec les vacances de Noël, j’avais studieusement préparé mon article. Les images étaient bien en place, le texte commençait par des vœux joyeusement souhaités… et il y a eu ce tragique évènement, cette abomination. J’ai appris la nouvelle mercredi midi, juste avant de retourner travailler. J’ai retenu mes larmes tout l’après-midi et dans le bus en rentrant, j’ai senti que je perdais le contrôle. Arrivée chez moi, je me suis écroulée en larmes. J’ai pleuré comme rarement, d’une intensité incroyable. Je n’avais pas de mots, simplement la gorge nouée, la boule au ventre et le sang glacé. Il m’a fallu un certain temps pour me calmer et arriver à penser à autre chose. A ce moment, j’ai eu besoin de futilité, de légèreté. J’ai regardé une série réconfortante, j’ai eu envie de trouver de belles photos sur Instagram pour m’éloigner de toute cette noirceur. Il n’était pas question d’oublier, de minimiser, de ne pas respecter, mais simplement de chercher le moyen qui me pourrait me permettre de me relever. J’ai eu besoin de trouver une note d’optimisme, quelque chose qui m’apaise et qui me permette de m’endormir, malgré mes yeux bouffis, mon esprit envahi d’images et de pensées épouvantables, terrifiantes.
Hier, nous nous sommes posés la question de la publication de nos articles. Libre à chacun de faire ce qu’il veut, nous avons décidé de respecter la date que nous nous étions fixée et de poster si nous le souhaitions. J’ai longuement réfléchi et cette thématique « Déco, des mots » m’a d’autant plus donné envie de vous écrire, de réécrire un nouveau texte finalement. Les mots sont forts, les mots sont importants. La liberté d’expression a été attaquée et cet acte est inadmissible. Publier cet article n’est qu’une poussière dans l’univers, mais je ne tiens pas à rester dans le silence, la peur au ventre. Il me parait important et nécessaire de continuer, de se relever, plus fort que jamais. Nous sommes tous allés travailler hier, nous y retournons aujourd’hui et nous resterons soudés face à cette tragédie. J’espère ne pas être mal jugée pour avoir repris l’écriture de mon blog si rapidement. J’aspire simplement à vous changer les idées quelques minutes, même si je le répète, ce n’est pas parce que nous libérons nos esprits pendant un instant de la douleur, que nous la négligeons. Elle reste présente, lourde, difficile. Mais j’imagine ne pas être la seule à avoir besoin de cet échappatoire, la seule à être choquée et à ressentir ce besoin de liberté et d’évasion.
































