Rappelez-vous, le premier concours organisé cette année pour l’anniversaire de mon blog mettait en avant les bijoux de la marque 1926. Vous avez été nombreuses à apprécier les bagues, bracelets, boucles d’oreilles et autres pépites de Valérie, la créatrice, alors j’ai pensé qu’il serait intéressant de lui poser quelques questions, de comprendre comment sont conçues ses collections… et de découvrir ses nouveautés !

Depuis l’obtention de son diplôme, elle rêvait d’avoir un jour sa propre marque, mais ne se sentant pas prête à l’époque, elle a d’abord souhaité travailler pour d’autres enseignes.

Pendant plusieurs années, elle a travaillé parallèlement sur des projets de collections textiles, de bijoux, etc. mais sans jamais pouvoir s’y consacrer à 100%. Après avoir habité Bruxelles, Marseille, Toulouse et Paris, l’envie grandissait en elle et elle a senti que c’était le moment idéal pour sauter le pas.

Elle a alors hésité entre la création d’une marque de vêtement pour femme, pour enfant, ou encore, de bijoux. Finalement, au lieu d’attendre et de faire un choix, elle a décidé de ne pas en faire et de regrouper toutes ses envies dans sa marque. 1926 a été officiellement créé en septembre 2017, dans l’idée de pouvoir évoluer au fil du temps et de des envies de Valérie, tant que la marque respecterait ses valeurs, ses choix et ses gouts.

Pourquoi as-tu choisi d’appeler ta marque « 1926 » ?

Il s’agit de l’année de naissance de ma grand-mère. Comme expliqué précédemment, je rêvais depuis longtemps d’avoir un jour mon propre projet. A l’époque, ma dernière grand-mère était encore présente et je lui avais dit qu’un jour, j’aurais ma propre marque et que ce serait son année de naissance. Elle n’a pas vu la concrétisation du projet, mais c’est une façon de lui rendre hommage, à elle, ainsi qu’à tous mes grands-parents. Lorsque j’ai appris que ma grand-mère était née en 1926, c’était parfait, car il s’agissait également de l’année de la petite robe noire de Coco Chanel, clin d’oeil parfait à la styliste que je suis ! Les années 20 sont aussi des années très riches au niveau de la mode, et puis pour le côté « la mode est un éternel recommencement » qui, pour moi, est tout à fait vrai.

Ayant beaucoup voyagé (dernièrement à San Francisco), j’aimais également le côté international d’un nombre. Je ne voulais pas quelque chose qui sonne français, mais plutôt un nom qui parle à tout le monde, dans toutes les langues. Quand, à San Francisco, on parle de ma marque comme « Nineteen Twenty Six » j’adore ça ! Et enfin, une date, car à l’école ou dans l’histoire, on nous apprend toujours à retenir les dates importantes alors secrètement, j’avais envie de me dire, qu’un jour, on retiendrait celle-ci aussi.

Créer tes propres bijoux était-il un rêve d’enfant ? En fabriquais-tu déjà lorsque tu étais plus jeune ? As-tu toujours eu cette fibre artistique et manuelle ?

J’ai commencé à créer mes bijoux lorsque j’habitais Toulouse en 2015, car j’avais une super mercerie dans laquelle j’adorais aller ! J’y ai pris goût et pour moi cela était complémentaire avec mes créations et ma passion pour le stylisme et le prêt-à-porter.
Ensuite, lorsque je suis arrivée à Paris, cela m’a permis de travailler avec d’autres ateliers (à plus grande échelle qu’à Toulouse) et de plus concrètement lancer 1926.
Je n’ai pas la jolie histoire qui te dira que j’ai appris à coudre avec ma grand-mère ou ma maman, je l’ai appris lors de mes études à 18 ans. Mais je pense avoir toujours eu cette fibre artistique (dessin, peinture…), je savais que créer était une passion et un milieu professionnel dans lequel je rêverais d’évoluer.

Comment nourris-tu ton inspiration ? Y a-t-il un fil conducteur au fil de tes collections ? 

Mon inspiration est dans mon quotidien, et mes voyages bien sûr. Ils m’inspirent et me font penser à des créations que je n’aurais pas imaginées ailleurs. A la fin de mon séjour à San Francisco, j’ai commencé à créer une collection capsule. Je travaille avec des ateliers de Californie et dans un style très différent. Cette collection capsule spéciale San Francisco n’est pas encore sortie, c’est une petite exclusivité que je révèle là, il faudra encore patienter pour la voir…!

Concernant les bijoux provenant des ateliers parisiens avec lesquels je travaille, une grande partie est réalisée directement à Paris, mon rôle de création est donc moins important, il s’agit plus d’un rôle de direction artistique. J’essaie de proposer des bijoux qui s’accumulent, se mixent et se combinent ensemble, et de garder une cohérence entre les modèles, les nouveautés, etc. Mais bien sûr, je propose aussi de la variété pour permettre à des clientes de styles différents de trouver leur bonheur.

Je réalise également des créations sur mesure, pour des demandes particulières de clientes (il peut s’agir de boucles d’oreilles de mariée, mais cela va parfois plus loin, comme par exemple, la réalisation d’une robe de mariée). Cela m’amène à ajouter un mot par rapport à la création textile, pour l’instant moins présente. C’est quelque chose que je garde au fond de moi et que j’espère un jour pouvoir proposer plus largement. Mon fil conducteur est de proposer des vêtements éthiques. L’industrie du textile est la 2eme industrie la plus polluante au monde après celle du pétrole, c’est quand même terrible… Je me dis, qu’à défaut de ne pas être médecin et de sauver des vies, j’ai envie de faire mon travail de manière respectueuse et éthique. Aujourd’hui, notre consommation est énorme, et je souhaite avec 1926 proposer des vêtements dans des tissus bio, ou certifiés non toxiques pour la planète, ou encore en récupérant des chutes de tissu à travers de belles pièces.

Es-tu seule à travailler pour 1926 ? Comment as-tu appris à gérer tous les aspects (création, gestion, vente, service client, communication…) ?

Oui, pour l’instant je suis seule à gérer le site, les photos, la communication, la création… tout se fait petit à petit. Mais j’adore ça… Je rêvais de ça ! J’ai appris de mes expériences professionnelles précédentes, que ce soit via l’échange avec les clients ou lors de mon stage comme styliste. Toutes ces expériences m’ont permis aujourd’hui de pouvoir gérer 1926. Mais je songe doucement à faire appel à d’autres personnes pour m’aider dans le projet et pouvoir me consacrer à mes rôles essentiels.

A quoi ressemble ton quotidien ?

Je viens d’ouvrir ma première boutique physique à Liège en Belgique. Il s’agit d’une boutique éphémère, ouverte jusqu’au 31 décembre. J’adore pouvoir rencontrer et échanger directement avec les gens, leur parler de mon projet et leur faire découvrir 1926. Parallèlement, je jongle avec quelques allers-retours à Paris et des créations dans mon arrière boutique, lors de moments plus calme.

Aurais-tu de bonnes adresses à nous partager (en Belgique, en France, en Californie…) ?

A Liège, on a un super espace pour se balader et avoir une jolie vue sur la ville. Il s’agit de la Montagne de Bueren, dans le centre historique. Mais, comme à San Francisco, il faut être prêt à grimper les marches pour mériter la vue !

Quand j’habitais Bruxelles, j’aimais beaucoup le quartier près des Halles et de Saint-Géry, la place du Vieux Marché aux Grains. Beaucoup de bars, de cafés et de chouettes boutiques.

Et à San Francisco, coup de coeur pour le café Jane on Larkin, où je me suis retrouvée pour petit-déjeuner le premier jour et dans lequel je retourne souvent.

Un grand merci à Valérie, qui a accepté de répondre à mes questions ! J’espère que son histoire vous a plu et que vous en savez désormais plus sur ses jolies créations. Je vous invite à aller découvrir son eshop et sa boutique située au 20 rue de la Sirène si vous habitez ou visitez Liège prochainement. A très vite !