un an d’allaitement

Il y a encore peu de temps, lorsqu’une personne de mon entourage venait d’avoir un enfant, j’étais juste heureuse pour elle. Je ne posais jamais cette fameuse question : est-ce que tu l’allaites ou bien est-ce que tu lui donnes des biberons. Non pas par gêne, mais tout simplement parce que cette question ne me traversait même pas l’esprit. Je savais bien entendu que les deux méthodes étaient possibles, mais comme toute chose, quand on ne s’y intéresse pas, on n’a pas forcement d’avis ou d’opinion.

Pendant ma grossesse, j’étais encore discrète sur le sujet, je n’osais pas trop en parler. Alors quand on me demandait quel choix j’allais faire, je disais que je laisserais le bébé décider : j’allais essayer de lui proposer le sein, mais s’il ne voulait pas, ce serait son choix. Je pense qu’au fond de moi j’ai toujours su que je l’allaiterais, mais je ne le formulais pas, peut-être par pudeur.

Aujourd’hui, cela fait plus d’un an que je l’allaite et je me rends compte que cet acte si naturel fait bien souvent débat et que beaucoup de femmes aimeraient le faire, ou le faire plus longtemps, mais n’osent pas ou n’ont pas forcement le courage d’affronter les idées reçues ou le regard de la société.

C’est pendant ma grossesse que j’ai découvert la marque et le bel esprit de Tajine Banane, et cela peut paraitre superficiel au premier abord, mais j’ai adoré leurs t-shirts, leur démarche, la communauté de jeunes mamans qui commençait à se créer et j’avais envie d’en faire partie. J’aimais cette image de la maman qui allaite son petit. Je dois dire que j’ai ce côté maman louve : j’aime être dans cette animalité, dormir avec lui, sentir sa peau contre la mienne, son odeur. Je voyais aussi la naissance comme un « package » : le lait a été fabriqué pendant la grossesse, le bébé arrive avec, il n’y a rien de plus naturel que de lui offrir et de continuer à le faire grandir, comme je l’ai fait pendant 9 mois.

J’avais d’ailleurs bien anticipé les choses au cours des derniers mois en dévalisant le rayon soutiens-gorge d’allaitement chez h&m pendant les soldes, en m’offrant quelques t-shirts Tajine Banane, j’avais aussi acheté des coquillages, des coussinets lavables, de la crème, un tire-lait, et même des bouts de sein en silicone (que je n’ai finalement pas utilisés). La seule que je pense ne pas avoir commandé, c’est le coussin d’allaitement (qui me semblait prendre beaucoup de place), et franchement nos oreillers ont très bien fait l’affaire.

Même avec la meilleure volonté du monde, il peut parfois y avoir des imprévus alors, il vaut mieux avoir un petit biberon et du lait artificiel pour parer aux déconvenues (accident, hospitalisation, cicatrice trop douloureuse…). Par exemple, j’étais dans un tel état en rentrant chez nous (48h après l’accouchement) que le médecin nous avait très fortement conseillé que Matthieu s’occupe de notre bébé la première nuit, quitte à lui donner un biberon, pour que je puisse un peu récupérer, et allaiter correctement par la suite. C’est ce qu’il s’est passé. Il aura donc eu un et un seul unique biberon dans sa vie.

Pour me préparer, j’ai écouté plein de podcasts, j’ai regardé des émissions, j’ai lu (je vous conseille le site de la Leche League), je me suis sur-renseignée sur le sujet et j’étais prête. Je ne me suis mise aucune pression, j’ai fait au jour le jour, en me disant que j’allais le faire 15 jours, un mois, trois mois, six mois, neuf mois. Aujourd’hui cela fait donc plus d’un an et comme je l’avais lu, les premières semaines sont les plus difficiles et après, c’est de plus en plus simple.

Concernant mes petits tips, je peux vous conseiller de boire de l’eau régulièrement (je vidais ma gourde après chaque tétée), de consommer des aliments qui boostent la lactation (comme les amandes, les flocons d’avoine…), d’essayer de vous reposer le plus possible (faire une sieste en même temps que lui et tenter de lâcher prise sur la gestion de la maison) et de trouver « votre » position, celle qui vous conviendra à tous les deux (et qui peut-être, évoluera au fil du temps).

J’ai eu la chance de ne pas avoir de désagréments (crevasse, engorgement…) mais il y a eu une petite période difficile à la fin du premier mois. Je ne comprenais pas pourquoi il pleurait systématiquement, alors j’ai changé de position, je l’ai allongé sur moi, ventre contre ventre, et tout s’est résolu. Ce n’est pas très académique, mais j’allaite allongée ou semi-assise depuis onze mois. Quand nous sommes à l’extérieur, j’utilise la position « classique », mais jamais chez nous et ça a le gros avantage de ne pas faire mal au dos (chose dont j’ai souffert au début).

J’avais entendu que les Américaines allaitaient souvent neuf mois, voire un an. Je ne pensais pas que j’irai jusque-là, je me rappelle de mon étonnement « neuf mois, mais c’est vraiment long ! » mais maintenant que j’y suis, que j’ai dépassé ce stade d’ailleurs, ça ne me semble plus long du tout, ça me parait simplement naturel. Je ne sais pas combien de temps durera notre aventure lactée, mais une chose est sure, elle restera gravée à jamais comme un lien qu’on ne pourra pas nous enlever. Je lui donnerai tout mon amour, je lui donnerai mon lait, aussi longtemps qu’il en aura besoin.

Bien évidemment, je ne souhaite pas créer de débat, de pour et de contre, émettre de jugement sur les choix des autres ; chacun fait bien entendu comme il peut, comme il veut. Toutes les situations sont différentes, et les réponses à apporter le sont autant. J’avais simplement envie de vous partager cette expérience, que je ne m’imaginais pas vivre il y a encore peu de temps ♡

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4 Commentaires

  1. C’est un beau témoignage pour quelque chose qui parait si naturel et rencontre tant d’obstacles. Nous avons allaité nos enfants mais pas si longtemps que vous. Quoi de plus simple, le repas était toujours prêt et chaud. Nos filles ont fait comme vous, elles ont allaité longtemps, tout en travaillant et en utilisant le tire-lait.
    Il faut écouter son propre corps, mais il faut aussi déculpabiliser celles qui ne peuvent ou ne veulent pas.
    Bonne journée

    • Merci beaucoup et bravo à vous et à vos filles !
      J’ai la chance de travailler à domicile, alors j’ai utilisé le tire-lait uniquement pour me « soulager » et de ce fait, je n’ai jamais eu de biberon à donner. Mais c’est une chance, j’en suis consciente. C’est nettement moins évident lorsque l’on retourne travailler et que l’on doit tirer son lait sur place…
      Et je suis entièrement d’accord, comme je le dis à la fin de l’article, chacun fait comme il peut !
      A très vite.

  2. le petit bout de chou a bien profité du bon lait
    il est magnifique
    bon week end

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